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Campagne Sahel


MAURITANIE 2001 - 2007

Lors de ma 1ière mission en Mauritanie en 2001 j’emportais un gros sac de semences de kokopelli . Depuis, les expérimentations se multiplient à chinguetti , dans certains villages mauritaniens au bord du fleuve sénégal (sud du pays), et dans plusieurs oasis et campements nomades de l’Adrar : vaste région désertique à 500 km au nord est de Nouakchott.
Dans ces contrées arides ou semi arides les conditions de culture sont difficiles et toujours aléatoires. Les cultures potagères sont possibles d’Octobre à Mars (saison plus fraîche) à condition d’être irriguées et donc tributaires de la présence d’une nappe phréatique d’eau douce accessible par les puits traditionnels. La grande perméabilité des sols sableux et la sécheresse de l’air requièrent de fréquents arrosages, les vents omniprésents et chargés de sable ainsi que la divagation du bétail exigent une solide protection des cultures.

A Chinguetti un instituteur peuhl mauritanien très motivé, Djibril, originaire du fleuve, expérimente avec passion et compétence dans son jardin et celui de l’école dont il est le responsable, les nombreuses espèces et variétés de semences de kokopelli que nous lui confions chaque année. Il extrait et conserve les semences selon nos indications et son propre savoir-faire. Il les distribue en même temps qu’il diffuse des conseils de culture et informations reçus concernant la protection de la pureté variétale et les techniques d’extraction et de conservation qu’il a lui même expérimentées . Grâce à sa démarche volontairement pédagogique, les petits jardins kokopelli se multiplient dans les cours d’habitation de Chinguetti et dans les jardins de la palmeraie de Kem Kemt toute proche. Il semble qu’un véritable engouement pour la culture de légumes aie saisi les chinguettiens.

C’est en accompagnant Daniel, mon mari médecin, dans ses tournées médicales (organisées dans le cadre de « l’Association des médecins de Chinguetti ») dans l’ Adrar que j’ai découvert les petites oasis et campements souvent très isolés de cette vaste et magnifique région désertique. Partout les femmes se constituent en associations pour développer des jardins collectifs (illustration ci-dessus) et nourriciers quand la présence d’une nappe phréatique d’eau douce le permet. Ici la priorité est de diversifier et d’enrichir l’alimentation familiale pauvre à l’extrême et d’accéder à une très relative sécurité alimentaire durant quelques mois. Le courage et la détermination de ces femmes est exemplaire d’autant qu’elles n’ont pour la plupart, aucun moyens de travail, pas de semences, et seulement quelques rudiments de savoir faire en matière de jardinage :notions étrangères à leurs traditions de nomades. Semences kokopelli, conseils de cultures, grillages, moustiquaires ont été accueillis avec beaucoup de gratitude. Au fil de ces années entre 2001 et 2005 j’ai pu constater et admirer la persévérance de ces femmes en dépit des conditions climatiques difficiles ; En Décembre 2004 des pluies diluviennes après 10 années de sécheresse, on emporté beaucoup de jardins installés dans les lits d’oueds plus proches des nappes phréatiques.Il a fallu les refaire alors que la saison de culture était déjà très avancée ;Puis ce fut l’invasion des criquets pélerins qui a réduit leur labeur à néant ou presque ! Malgré cela elles ont chaque fois refait les clôtures, désensablé les puits , ressemé , replanté…..Au sud ouest de l’Adrar, plusieurs jardiniers professionnels cultivent avec succès nombre d’espèces et variété de kokopelli que nous leur apportons depuis 2001 . lors de notre tournée en 2005 nous avons dégusté carottes , betteraves, laitues, courgettes, piments doux issus de semences kokopelli. La relative proximité de la ville d’ Atar offre un débouché intéressant pour la production maraîchère de cette vallée. Victimes eux aussi des inondations de 2004, ils ont du reconstruire leurs jardins ,ressemer et replanter.

Daniel est décédé en Janvier 2006. Je ne suis pas retournée dans les oasis et campements de l’ Adrar.

Monique SCHMIDT
Géographe
Ambassadrice de Kokopelli en Afrique.
monique@kokopelli.asso.fr

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